Décalibredecalibre.comGuide de l'outil
Chronocomparateur
Budget indicatif : 150–4000 CHF
Lire un tracé, régler l'angle de levée et interpréter marche, amplitude et repère sans se tromper de diagnostic.
À quoi il sert
Il écoute le bruit de l'échappement et en déduit marche, amplitude, repère (beat error) et régularité du tracé. Sans lui, tout réglage se fait à l'aveugle.
Étapes détaillées
01. Les quatre chiffres
La marche (s/jour) dit si la montre avance ou retarde. L'amplitude mesure l'angle de rotation du balancier : elle dépend directement de l'angle de levée saisi dans l'appareil. Le repère (beat error, en ms) traduit l'asymétrie entre les deux alternances ; au-delà de 0,8 ms, le mouvement démarre mal. Le tracé, enfin, est le seul indicateur qui révèle un choc, un point dur du rouage ou un spiral qui touche : deux lignes propres et parallèles valent mieux que trois chiffres flatteurs.
02. Protocole de mesure
On mesure après remontage complet, puis on laisse reposer dix à quinze minutes pour que le couple se stabilise. Six positions au minimum : cadran haut, cadran bas, couronne à gauche, à droite, en haut, en bas. Le delta entre positions verticales et horizontales renseigne sur l'état des pivots et du réglage ; un écart supérieur à 30 s/j signale un problème mécanique, pas un défaut de réglage. Une seconde série 24 heures plus tard révèle la dégradation liée à la détente du barillet.
Questions fréquentes
- Quel angle de levée saisir ?
- Celui du calibre, pas celui par défaut : 50° pour un ETA 2824-2, 51° pour un Miyota 9015, 53° pour un Seiko NH35. Une erreur de 3° fausse l'amplitude d'une vingtaine de degrés.
- Un appareil à 150 CHF suffit-il ?
- Oui pour l'amateur, à condition qu'il affiche le tracé et permette de régler l'angle de levée manuellement. La différence avec un appareil professionnel tient surtout au capteur et à la répétabilité.
- Amplitude basse : que vérifier d'abord ?
- Dans l'ordre : angle de levée saisi, état de remontage, aimantation, propreté et huilage de l'échappement, enfin couple du ressort de barillet.
- Combien de positions faut-il mesurer ?
- Six positions donnent l'image complète : cadran haut, cadran bas, puis les quatre positions verticales. Pour un contrôle rapide, trois suffisent (cadran haut, cadran bas, couronne à gauche) : elles révèlent déjà l'essentiel des défauts de pivot et d'ébat.
- Faut-il armer la montre avant la mesure ?
- Oui, et il faut laisser reposer environ quinze minutes après l'armage : la mesure prise juste après une remontée manuelle affiche une amplitude gonflée et un battement instable. Le contrôle de référence se fait à pleine réserve, puis à 24 h pour juger l'isochronisme.
- Que signifie un trait double sur le tracé ?
- Un trait dédoublé signale un défaut d'écart de repère : le battement n'est pas centré entre les deux impulsions. Sous 0,3 ms l'écart reste tolérable ; au-delà, on recentre le point d'attache du spiral ou la goupille de raquette avant de toucher à la marche.
Checklist d'atelier
Avant d'acheter
- Réglage manuel de l'angle de levée, indispensable pour une amplitude juste.
- Affichage du tracé (graphe) et non seulement des chiffres.
- Micro-capteur stable et pince adaptée aux petits calibres.
Séquence à l'établi
- Les quatre chiffres
- Protocole de mesure
Pièges à éviter
- Laisser l'angle de levée par défaut : l'amplitude affichée devient fausse.
- Conclure sur une seule position : le delta positions est le vrai diagnostic.
Notes d'atelier
Apprendre le geste
- Lire un chronocomparateur — https://decalibre.com/labo/chronocomparateur
- Normes de précision — https://decalibre.com/labo/normes-precision