Décalibredecalibre.comGuide de l'outil
Étau à main (pin vise)
Budget indicatif : 10–120 CHF
Choisir ses mandrins, serrer sans marquer et tourner à la main un pivot ou une tige au dixième de millimètre.
À quoi il sert
Un mandrin à mors fendus monté sur un corps que l'on tient entre les doigts : il serre un pivot, une tige de remontoir, un foret de 0,2 mm ou une barrette pour la limer, la polir ou la tourner à la main. C'est l'outil qui remplace le tour quand la pièce est trop petite pour être bridée ailleurs.
Étapes détaillées
01. Mandrins et concentricité
Un étau à main vaut ce que valent ses mors. Quatre mandrins fendus couvrent l'essentiel : 0–0,5 mm pour les forets et les pivots, 0,5–1,2 mm pour les tenons et les goupilles, 1,2–2 mm pour les tiges de remontoir, 2–3 mm pour les barrettes et les canons. Le contrôle se fait en serrant une aiguille d'horloger et en la faisant tourner devant un repère fixe : si la pointe décrit un cercle visible, le mandrin est décentré ou bavé, et toute reprise à la lime produira un cône au lieu d'un cylindre.
02. Serrer sans casser
L'acier trempé d'un pivot ne supporte pas la pression ponctuelle d'un mors nu : on interpose une chute de laiton mince ou on serre sur la portée la plus épaisse de la pièce, jamais sur le pivot lui-même. Le serrage se fait à la main, sans pince : si l'étau ne tient pas à la force des doigts, le mandrin est mal dimensionné. Pour limer, on appuie la pièce sur un support en bois et on travaille en tirant la lime, l'étau tournant lentement d'un quart de tour entre chaque passe pour rester cylindrique.
Questions fréquentes
- Étau à main ou tour d'horloger ?
- L'étau à main suffit pour raccourcir une tige, ébavurer un tenon ou polir un pivot. Dès qu'il faut une cote reproductible, le tour devient nécessaire.
- Peut-on y monter un foret de 0,2 mm ?
- Oui, avec le plus petit mandrin fendu et à condition de percer en rotation lente et alternée : un foret de ce diamètre casse au moindre porte-à-faux.
- Faut-il une tête tournante ?
- Oui pour tout travail de polissage : la tête libre laisse la paume pousser sans vriller la pièce, ce qui évite les pivots tordus.
- Comment éviter de marquer une pièce polie dans les mors ?
- On interpose une feuille de laiton mince ou un bout de cuir entre les mors et la pièce, et on serre juste assez pour que la pièce ne tourne pas à la main. Un mors d'acier trempé serré à fond imprime une empreinte que le polissage ne rattrape pas sur une surface anglée.
- Quelle taille de mors pour un travail d'horlogerie ?
- Deux capacités couvrent l'essentiel : 0 à 3 mm pour les tiges, forets et pivots, et 0 à 6 mm pour les canons, tubes et petites vis de boîte. Un seul étau à large plage tient mal les diamètres extrêmes : il perd le centrage sous 0,5 mm.
- Peut-on serrer un pivot de balancier dans un étau à main ?
- Jamais sur le pivot lui-même : un pivot de 0,10 mm se casse ou se voile au premier serrage. On serre sur le corps de l'axe, jamais sur la partie roulante, et le contrôle du faux-rond se fait ensuite à la loupe ×10.
Checklist d'atelier
Avant d'acheter
- Jeu de mandrins couvrant 0 à 3 mm, mors sans bavure ni décentrage.
- Corps tournant sur roulement ou tête libre pour ne pas vriller la pièce.
- Serrage concentrique vérifié : une tige tenue de travers casse au premier passage de lime.
Séquence à l'établi
- Mandrins et concentricité
- Serrer sans casser
Pièges à éviter
- Serrer un pivot trempé à fond : le mors marque l'acier et amorce la rupture.
- Utiliser un mandrin trop grand : la pièce se centre mal et vibre.
Notes d'atelier
Apprendre le geste
- Ergonomie de l'établi — https://decalibre.com/labo/ergonomie-etabli