La commande de Caroline Murat (1810)
8 juin 1810 · n°2639 · livrée le 21 décembre 1812
- ILa vie1747 – 1823
- IIILe spiral1795
- IVLes signatures1780 – 1820
- IILe tourbillon1801 – 1805
- VMarie-Antoinette N°1601783 – 1827
- VIReine de Naples N°26391810 – 1812
Pourquoi passer la montre au poignet est-il une rupture en 1810 ?
Le 8 juin 1810, Caroline Murat, reine de Naples, brise la convention horlogère en commandant à une montre répétition montée sur un : la première montre dont il est documenté qu'elle a été conçue pour être portée au poignet.
- Registre Breguet n°2639
Une création d'une finesse extrême dotée d'un perfectionné, livrée le 21 décembre 1812 : 4 800 francs facturés sur les 5 000 francs annoncés.
- Acte de naissance
Ce qui rend la n°2639 unique n'est pas d'avoir existé la première, mais d'avoir laissé une trace complète : un ordre daté du 8 juin 1810, une spécification — « répétition de forme oblongue pour bracelet » —, un prix et une date de livraison.
- 1571 — Robert Dudley offre à Élisabeth Iʳᵉ une montre sertie de pierreries portée au bras.
- 1790 — les livres de Jaquet-Droz & Leschot enregistrent « une montre à fixer sur un bracelet ».
- 1806–1809 — l'impératrice Joséphine possède des montres-bracelets.
- 1810 — la commande de Caroline Murat : la première dont l'archive complète (ordre, spécification, prix, livraison) atteste une conception d'emblée destinée au poignet.
Des objets portés au poignet existent donc avant 1810 ; la n°2639 se distingue par la solidité indiscutable de sa documentation.
Les montres de poche de la fin du XVIIIᵉ siècle avoisinent la cinquantaine de millimètres : on les porte en gousset, on les sort pour lire l'heure. Passer au poignet impose un boîtier bien plus petit, plat, tenu par un bracelet souple — ici des cheveux tressés rehaussés de fil d'or. Les dimensions exactes de la N°2639 ne sont pas documentées : seule sa nature d'objet de poignet l'est, par les archives de la maison.
Pourquoi passer la montre au poignet est-il une rupture en 1810 ? Parce qu'avant Caroline Murat, le poignet n'est qu'un support parmi d'autres pour un bijou occasionnel ; sa commande du 8 juin 1810, documentée de bout en bout jusqu'à la livraison du 21 décembre 1812 pour 4 800 francs, fait du poignet la destination pensée dès l'origine d'un mouvement à complications — un renversement de hiérarchie entre la montre de poche, référence absolue, et un nouveau format qui deviendra le standard du XXe siècle.