Le standard séculaire & le péché originel de l'ancre suisse
Inventé par Thomas Mudge en 1754 et fiabilisé au XIXᵉ siècle, l'échappement à ancre suisse équipe aujourd'hui la quasi-totalité des montres mécaniques. Son principe repose sur une ancre munie de deux palettes en rubis qui bloquent et libèrent alternativement les dents de la roue d'échappement.
Mais ce standard souffre d'une faiblesse que George Daniels qualifiait de « barbare » : le contact s'effectue par glissement continu de la palette sur le plan incliné de la dent. Ce frottement génère des pertes d'énergie et exige une lubrification par goutte d'huile.
Or toute huile horlogère s'oxyde, sèche, migre et s'encrasse avec le temps : l'amplitude du balancier dérive, et la révision devient obligatoire.