Manufacture Girard-Perregaux · Constant Girard & Marie Perregaux (La Chaux-de-Fonds, 1791 / 1854)

Girard-Perregaux : Les Trois Ponts d'Or, La Laureato & La Révolution du Constant Escapement

Chapitre 01·Trois Ponts d'Or · Laureato · Constant Escapement
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Girard-Perregaux : Les Trois Ponts d'Or, La Laureato & La Révolution du Constant Escapement

Unité 02 · Manufactures suisses

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Citation-clé

« Faire du mécanisme la pièce maîtresse du design : chez Girard-Perregaux, le mouvement ne s'habille pas, il se contemple. »

Esprit du brevet du Tourbillon sous Trois Ponts d'Or · Constant Girard, 1867

Architecture interactive — De l'or au silicium

Trois vues d'établi : la rotation de la cage de tourbillon sous les trois ponts flèches en or, le flambage bistable de la lame de silicium du Constant Escapement, puis la géométrie octogone-cercle de la Laureato sous éclairage rasant.

Girard-Perregaux · Trois Ponts, force constante & Laureato

TOURBILLON SOUS TROIS PONTS D'OR · BREVET 1867 · « LA ESMERALDA » 188901Pont du barillet · 12 h02Pont de minuterie03Cage de tourbillon lyre · 6 h04Or 18 ct anglé mainCAGE EN ROTATION · 00 S SUR 60 · BALANCIER 21 600 A/H

Les trois ponts sont les pièces de maintien du mouvement : barillet en haut, roue de centre au milieu, cage de tourbillon en bas. Constant Girard les aligne et les polit pour qu'ils deviennent le décor lui-même.

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Trois Ponts d'Or (1867)

Trois ponts flèches parallèles en or 18 ct, anglés et polis miroir, portant le barillet à 12 h, la roue de centre et la cage de tourbillon à 6 h.

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Constant Escapement (2013)

Une lame de silicium de 14 microns, flambée dans un cadre papillon, bascule d'un état stable à l'autre et rend au balancier des impulsions identiques.

03

Laureato sport-chic (1975)

Lunette octogonale posée sur une bague circulaire polie, boîtier tonneau en acier et bracelet intégré à maillons en H, cadran Clous de Paris.

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Trois vues d'établi : l'architecture brevetée des Trois Ponts d'Or, le flambage bistable de la lame de silicium du Constant Escapement, puis la géométrie octogone-cercle de la Laureato de 1975.

Histoire & technique — L'architecture comme manifeste

1791–1854
De Jean-François Bautte au mariage Girard-Perregaux

La filiation de la maison remonte à Jean-François Bautte, établi à Genève en 1791 : un fabricant d'horlogerie au sens plein du terme, qui réunit sous un même toit boîtiers, mouvements, gravure et joaillerie à une époque où le métier est éclaté entre des dizaines d'ateliers indépendants. Cette culture de l'atelier complet — concevoir, produire et finir soi-même — reste la colonne vertébrale de Girard-Perregaux deux siècles plus tard.

Le second foyer est neuchâtelois. À La Chaux-de-Fonds, Constant Girard fonde sa maison en 1852 ; son mariage avec Marie Perregaux en 1854 scelle la raison sociale Girard-Perregaux. Les deux lignées, genevoise et chaux-de-fonnière, finiront par se rejoindre dans un même patrimoine.

Constant Girard n'est pas un décorateur : c'est un constructeur. Son idée fixe est que la structure du mouvement — les ponts, ces pièces de maintien qui tiennent les pivots des rouages — n'a aucune raison d'être cachée sous un cadran. Bien dessinée, bien anglée, bien polie, elle est le décor. De cette conviction naît l'architecture qui va identifier la maison pour toujours.

1867–1889
Le Tourbillon sous Trois Ponts d'Or & « La Esmeralda »

En 1867, Constant Girard dépose le brevet d'un tourbillon dont la construction est ramenée à trois ponts parallèles, dessinés en flèche et taillés dans l'or 18 ct. Le premier porte le barillet — le ressort moteur — vers 12 h ; le deuxième la roue de centre et la minuterie ; le troisième la cage de tourbillon vers 6 h, qui tourne sur elle-même en une minute pour moyenner les effets de la gravité sur le réglage.

Le tour de force est double. Mécaniquement, ramener un mouvement de montre de poche à trois ponts alignés impose un calcul strict des entraxes et des portées : chaque pont doit tenir ses pivots sans fléchir. Esthétiquement, ces trois flèches d'or, anglées à la main — c'est-à-dire chanfreinées puis polies miroir sur leurs arêtes — transforment le squelette de la montre en façade. Le mouvement ne s'habille plus : il se contemple.

La consécration vient à l'Exposition universelle de Paris, en 1889, l'année où la Tour Eiffel impose elle aussi l'idée d'une structure assumée comme beauté. Le tourbillon sous trois ponts d'or y est primé au plus haut niveau ; l'exemplaire resté légendaire, dit « La Esmeralda », doit son nom à la maison mexicaine qui l'a commandée. Il figure aujourd'hui au patrimoine de la manufacture.

1975–2016
La Laureato & la définition du sport-chic

Au milieu des années 1970, l'horlogerie suisse invente un genre nouveau : la montre sportive de luxe en acier, à bracelet intégré, aussi soignée qu'une montre habillée. Girard-Perregaux y apporte en 1975 la Laureato, dessinée par un architecte milanais — et l'origine architecturale se lit dans chaque cote.

La signature est une tension de deux figures : une lunette octogonale, brossée sur ses facettes, posée sur une bague circulaire polie, l'ensemble inscrit dans un boîtier tonneau que le bracelet à maillons en H prolonge sans corne apparente. L'octogone donne le caractère, le cercle adoucit, le tonneau tient au poignet. Le cadran adopte le guillochage Clous de Paris, une trame de petites pyramides qui change de ton selon l'angle de la lumière.

La première Laureato est à quartz, et ce n'est pas un détail : Girard-Perregaux avait mis au point dès 1971 un oscillateur à quartz cadencé à 32 768 Hz, fréquence devenue le standard mondial de l'horlogerie à quartz. La lignée passe ensuite au mécanique de manufacture, avec les automatiques GP03300 puis GP01800. Sa relance en 2016, pour les 225 ans de la maison, fixe ses proportions contemporaines et en fait le pilier sport-chic du catalogue.

2013–Aujourd'hui
Le Constant Escapement & l'indépendance retrouvée

Toute montre mécanique souffre du même défaut natif : le ressort moteur pousse fort quand il est armé, faiblement quand il se détend. L'énergie qui parvient au balancier varie donc au long de la réserve de marche, et avec elle l'amplitude — donc la marche. Chercher la force constante est l'un des vieux graals du métier, jusque-là traité par des remontoirs d'égalité ou des fusées à chaîne, lourds et encombrants.

Le Constant Escapement le résout autrement, par la physique des matériaux. Une lame de silicium d'une épaisseur de 14 microns — environ six fois plus fine qu'un cheveu — est tendue dans un cadre en papillon gravé dans la même galette. Comprimée, cette lame flambe : elle se stabilise incurvée d'un côté. Le couple venant du barillet la charge jusqu'à un seuil précis, puis elle claque instantanément vers son second état stable en restituant exactement la même quantité d'énergie, encore et encore. Le balancier reçoit des impulsions rigoureusement identiques, montre pleine ou presque à plat.

Présenté en 2008 comme concept et abouti en 2013, le Constant Escapement L.M. remporte l'Aiguille d'Or du Grand Prix d'Horlogerie de Genève 2013, la plus haute distinction de la profession.

Côté propriété, la manufacture rejoint le groupe Kering au sein de Sowind Group, puis retrouve son indépendance en 2022 par un rachat conduit par Patrick Pruniaux aux côtés d'Ulysse Nardin. Trois ponts d'or, un octogone sur un cercle, une lame de silicium de quatorze microns : à chaque époque, la même idée — c'est la construction qui fait la montre.

Points établis

  • Fondation & Trois Ponts (1791 / 1867)L'héritage genevois de Jean-François Bautte rejoint la maison de Constant Girard, dont le brevet de 1867 fait des trois ponts d'or l'architecture-signature de la marque.
  • Laureato octogonale (1975)Une lunette octogonale brossée posée sur une bague circulaire polie, un boîtier tonneau et un bracelet intégré à maillons en H : le sport-chic devient une question de géométrie.
  • Constant Escapement (2013)Une lame de silicium de 14 microns flambée dans un cadre papillon bascule d'un état stable à l'autre et rend au balancier des impulsions identiques : Aiguille d'Or du GPHG 2013.
  • Indépendance retrouvée (2022)Après Kering et Sowind Group, la manufacture reprend sa souveraineté par un rachat mené par Patrick Pruniaux, aux côtés d'Ulysse Nardin.

Quiz · Girard-Perregaux, Trois Ponts d'Or & force constante

3 questions
1. Quelle est l'innovation majeure du Tourbillon sous Trois Ponts breveté par Constant Girard en 1867 ?
2. Quelle géométrie caractérise la lunette de la Laureato créée en 1975 ?
3. Quel principe physique assure la force constante du Constant Escapement (Aiguille d'Or 2013) ?

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