L'abolition totale de la réfraction optique, la double chambre hermétique et la thermo-compensation aérospatiale (Prix de l'Innovation GPHG 2013).
2013
L'abolition de la réfraction optique & l'effet « goutte d'eau »
Présentée à Baselworld 2013 et couronnée par le Prix de l'Innovation au GPHG, la Ressence Type 3 attaque un problème que l'horlogerie avait fini par accepter comme une fatalité : la réfraction de la lumière à la rencontre de l'air et du verre saphir. Entre l'œil et le cadran, cette lame d'air crée reflets parasites et sensation de profondeur artificielle.
La solution est physique, non décorative. La partie supérieure du dôme saphir est remplie de 35,7 ml d'huile silicone technique dont l'indice de réfraction est exactement celui du saphir. À indice égal, l'interface disparaît : plus de réflexion interne, plus de miroitement.
Les disques et sous-cadrans du module ROCS 3 semblent alors imprimés directement sur la surface extérieure de la glace, comme une goutte d'eau géante posée sur la peau. La lecture reste parfaite même sous un angle de vision extrême, jusqu'à effleurer les 180°.
ROCS 3
La révolution mécanique : double chambre & transmission magnétique
Pourquoi le balancier-spiral ne baigne-t-il pas dans l'huile ? Parce que la viscosité du liquide freinerait instantanément l'organe régulateur et exigerait un couple colossal : la montre s'arrêterait. Benoît Mintiens en tire une architecture à double chambre hermétique.
La chambre inférieure est sèche : un boîtier étanche loge le calibre automatique suisse (base ETA 2892) et son balancier-spiral oscillant à 28 800 alternances par heure, dans l'air, comme dans n'importe quelle montre.
La chambre supérieure est immergée : le module orbital ROCS 3 (Ressence Orbital Convex System) baigne dans les 35,7 ml d'huile silicone.
Reste la jonction. Aucune tige mécanique ne traverse la cloison — le moindre passage d'axe serait une fuite en puissance. Le couple de l'axe des minutes franchit une membrane étanche en titane Grade 5 par pur champ magnétique, grâce à une série de micro-aimants néodyme surpuissants : deux mondes accouplés sans contact.
−5 → +55 °C
La thermo-compensation aérospatiale (7 soufflets & jauge thermique)
L'huile silicone obéit aux lois de la dilatation thermique : son volume varie sensiblement entre une montre portée en plein été et un boîtier oublié dans une entrée en hiver. Sans dispositif, la pression finirait par mettre le dôme saphir en danger ou par laisser apparaître d'inélégantes bulles d'air.
Ressence emprunte donc à l'aérospatiale : sept micro-soufflets métalliques flexibles s'étirent ou se contractent en continu pour ajuster le volume utile de la chambre, absorbant la dilatation au fil de la journée.
Une jauge thermique bicolore intégrée au cadran rend le phénomène lisible : elle renseigne le porteur, en temps réel, sur l'état de dilatation du liquide.