De l'Atelier des Grandes Complications de Patek Philippe à la fondation de l'AHCI : heures universelles héritées de Louis Cottier, or bleu 21 carats bleui à la chaleur et automates miniatures dans un atelier qui ne livre que quelques dizaines de montres par an.
1969–1979
De Patek Philippe à la montre dans une bouteille
Svend Andersen, maître horloger d'origine danoise né en 1942, s'installe à Genève dans les années 1960. Après sa formation, il intègre l'Atelier des Grandes Complications de Patek Philippe, où il travaille neuf ans à la restauration et à la création des pièces les plus prestigieuses de la maison.
En 1969, il construit par passe-temps sa première pendulette dans une bouteille (« Bottle Clock »), une prouesse d'assemblage sous verre qui le fait remarquer.
Surnommé « Watchmaker of the Impossible », il quitte Patek Philippe pour fonder son propre atelier indépendant au cœur de Genève, en 1980.
1985
La fondation historique de l'AHCI
Au milieu des années 1980, alors que l'industrie suisse se restructure autour de puissants conglomérats qui menacent d'invisibiliser les artisans, Svend Andersen s'associe en 1985 à Vincent Calabrese pour créer l'AHCI, l'Académie Horlogère des Créateurs Indépendants.
L'AHCI devient la tribune mondiale et le refuge de la haute horlogerie d'auteur, révélant au grand public des génies comme George Daniels, François-Paul Journe, Philippe Dufour, Vianney Halter ou Kari Voutilainen. Svend Andersen en restera l'une des figures tutélaires.
Worldtime
Le maître suprême des heures universelles
Andersen devient le spécialiste incontesté des montres à heures universelles, prolongeant le génie de l'inventeur genevois Louis Cottier dans les années 1930.
À travers ses collections mythiques — Communication, Christophorus Columbus, Mundus, Tempus Terrae —, il perfectionne le module à 24 fuseaux horaires : l'heure de vingt-quatre villes mondiales se lit d'un seul coup d'œil grâce à un anneau rotatif synchronisé bordant le cadran central.
En 1989, il entre au Guinness Book avec la plus petite montre à calendrier alors réalisée.
Or bleu
L'artisanat de l'or bleu 21 carats & les automates « Eros »
Andersen Genève est, selon la presse spécialisée, la seule maison à employer l'or bleu en horlogerie : un alliage d'or 21 carats, de nickel et de fer, breveté en 1988 par Ludwig Muller. Chauffé entre 450 et 600 °C, il se couvre d'une nuance bleue irisée, différente sur chaque pièce.
Il s'illustre également par ses montres à automate érotique de la série « Eros », aux scènes miniatures animées.
Atelier
Un atelier d'élite : quelques dizaines de montres par an
Refusant l'industrialisation, Andersen Genève maintient une production confidentielle : quelques dizaines de pièces par an, moins de 1 500 en quarante ans.
Chaque garde-temps naît d'une relation directe entre le maître horloger et le collectionneur, avec des finitions d'établi manuelles d'une bienfacture souveraine.